Solstice d’été et 108 salutations au soleil.

J’ai toujours adoré les rites de passage. Ils sont là pour nous aider à passer des étapes, à accueillir les changements, à marquer les différentes étapes de la vie et des saisons.

Hier, avec mon amie et professeure de yoga Marine, nous avons marqué le passage à l’été avec une série de 108 salutations au soleil. Moi qui pensais que j’allais faire ça pour le challenge et pour le fun (et ça n’a pas été tellement du fun, croyez-moi !), l’effet que ça a eu sur moi a été bien plus profond. Je vais vous raconter, mais avant, pourquoi le nombre 108 exactement, et pourquoi faire 108 salutations au soleil ?

108 est le nombre de perles que l’on trouve sur un mala de prières dans la tradition hindouiste et bouddhiste. Chaque perle est utilisée pour réciter un mantra, comme les chapelets de la tradition catholique égrènent les prières.

108 est également un nombre avec des relations particulières en mathématiques et que l’on retrouve dans les Upanishads (textes religieux indous). De plus, dans la symbolique des chiffres, 1 représente l’Unité, O représente le vide ou l’accomplissement de la pratique spirituelle et 8 représente l’infini ou l’éternité (source : blog yogamrita).

Traditionnellement, faire 108 salutations au soleil sert à célébrer le solstice, la fin de l’hiver et l’arrivée du printemps.

(Illustration: Daniele Barlow)

Lorsque Marine m’a appelée, la veille, pour me proposer de pratiquer avec elle et de célébrer le solstice, j’étais hyper excitée. J’avais entendu parler des 108 salutations, et honnêtement je voyais ça d’un peu loin, en me disant que je le ferai « un jour » et que ma pratique n’était pas assez avancée pour que j’en sois capable. Passé le moment d’enthousiasme, j’ai commencé à avoir beaucoup de craintes et à me sentir angoissée. Le 21 juin était aussi le jour où je partais en randonnée avec mes élèves, et je ne savais pas si j’allais être physiquement capable d’enchaîner les deux ! Finalement, nous avons convenu qu’elle ferait ses salutations le matin avec une amie prof de yoga elle aussi et que je la rejoindrais le soir pour boire un verre. Je ne voulais pas lui faire faux bond au dernier moment parce que j’étais fatiguée par ma randonnée et que je ne me sentais pas capable. J’étais un peu déçue, mais aussi un peu rassurée car j’avais vraiment peur de ne pas être physiquement à la hauteur.

Le soir venu, Marine me dit au téléphone qu’elle a eu des contretemps et qu’elle n’a finalement pas pu pratiquer avec son amie. J’ai donc pris mon tapis et ma tenue de yoga, et c’était parti.

Nous avons pratiqué dehors, au soleil couchant, entourées de collines et d’arbres. C’était magique ! Marine avait planté des bâtons d’encens aux quatre coins de nos tapis, et nous avons commencé.

Nous avions décidé au préalable d’aller au même rythme et de compter ensemble, ce qui m’a vraiment motivée à continuer et à tenir jusqu’au bout.

Comment j’ai survécu à la pratique ?

Dès le départ, j’avais décidé de ne pas être dans la compétition ni dans la performance. Je suis du genre à vouloir tout faire très bien (syndrome de la bonne élève bonjour !), mais là j’avais juste décidé que je voulais tenir jusqu’au bout. De plus, j’avais mal au dos depuis plusieurs jours et j’avais peur de ne pas pouvoir aller au bout si je forçais trop. Du coup, j’ai adapté ma pratique pour être la plus douce possible avec moi-même : lorsque j’ai senti que mes mouvements étaient moins justes parce que je commençais à être fatiguée, j’ai fait mes planches sur les genoux et mes « chiens tête en haut » se sont transformés en bébés cobras. J’ai recherché la qualité de mouvement et la conscience plutôt que l’amplitude maximale et la performance.

J’ai aussi essayé d’être la plus possible « dans mon corps ». Il est hyper facile pendant la pratique de laisser vagabonder ses pensées car le mouvement est répétitif et induit une sorte d’état hypnotique et semi-conscient. C’est très bizarre ! A chaque fois que je me perdais dans mes pensées Marine me disait un petit mot et ça me ramenait dans mon corps. Surtout quand la pratique devient difficile il faut se concentrer sur sa respiration et ses mouvements. Arrêter de penser que c’est dur, qu’on n’en est qu’à la moitié… parce que si on s’écoute, on s’arrête !

Je suis passée par plein d’étapes : au début, ça allait. J’avais même pas mal d’énergie ! Arrivée vers la trentième, j’ai commencé à trouver le temps long, à me sentir un peu fatiguée et à me dire que je n’en étais même pas à la moitié… c’est le moment où, si j’avais été seule, j’aurais arrêté. Passée la cinquantième, j’ai commencé à avoir mal au cœur et le mal de tête qui menaçait depuis le début de la soirée s’est déclaré. Jusqu’à la quatre-vingtième environ, j’ai lutté pour ne pas vomir et je me suis concentrée sur ma respiration pour calmer mon mal de tête. Puis le reste de la série a vu une amélioration dans mon mal de tête et une espèce d’état hypnotique s’est installé : mon corps était lourd, les motifs géométriques du tapis de sol sur lequel nous pratiquions semblaient me sauter aux yeux à chaque fois que je m’en approchais (vous savez, quand vous avez de la fièvre, parfois, et que vous voyez des formes géométriques ?)… mais je voyais le bout et la présence pleine d’énergie de Marine à mes côtés me donnait du courage. Et puis soudain, c’était la 100ème, puis la 101ème… jusqu’au bout. Et soudain, c’était fini ! J’étais crevée, je me suis écroulée sur mon tapis en savasana mais les moustiques avaient décidé que je serais leur repas du soir donc ma relaxation a dû durer en tout et pour tout deux minutes.

Qu’est-ce que ça m’a apporté ?

Il est clair que je suis nettement sortie de ma zone de confort durant cette pratique, et que si j’avais été seule je n’aurais jamais tenu jusqu’au bout. Sur le moment, j’étais tellement fière de moi ! Mais le mieux, ça a été le lendemain matin. En me réveillant, j’ai nettement senti que j’avais terminé un cycle et que j’en commençais un autre. J’ai éprouvé un besoin de faire du vide dans ma maison, de m’organiser, de faire un « reset » dans ma vie, de faire un point. Ce sentiment s’est renforcé lorsque je me suis rendu compte en regardant la vidéo de MuchelleB que nous étions au milieu de l’année et qu’il était temps pour moi de revoir mes objectifs de début d’année, de faire le point et de voir où j’en suis actuellement. Je me sens également prête à concrétiser mes projets et à passer à l’action (avec l’énergie de l’été), d’autant plus que l’année scolaire se termine et que je suis en vacances dans deux semaines. Je me suis également rendu compte que je suis capable de faire ce que j’ai envie de faire, que je suis capable de réaliser ce que j’ai envie de réaliser ! Sans ce rite de passage, je n’aurais peut-être pas eu toutes ces prises de conscience.

C’est une pratique que je referai à l’avenir sans hésiter !

Et vous ? Avez-vous déjà fait les 108 salutations au soleil ? Comment avez-vous célébré le solstice ?

4 commentaires sur « Solstice d’été et 108 salutations au soleil. »

  1. Super intéressant! Je ne connaissais pas la signification du nombre 108.
    J’ai eu vraiment l’impression en te lisant de vivre les 108 salutations avec toi. Cela m’a donné envie de m’entrainer pour essayer l’an prochain!

    Aimé par 1 personne

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