Interview: Cyrille Dubois

Bonjour à toutes et à tous !
Je suis très fière de vous présenter aujourd’hui la première interview du blog !

D’autant plus fière, puisqu’il s’agit de l’interview de Cyrille Dubois, qui m’a fait l’honneur, malgré son emploi du temps surchargé en ce moment, de se prêter au jeu des questions-réponses, jeu auquel il commence à être habitué car il est de plus en plus sollicité par les journalistes spécialisés et les revues musicales.

Vous l’aurez compris, pour ceux qui ne le connaissent pas, Cyrille est un musicien, un chanteur d’opéra. Plus précisément, il fait partie de la « génération montante » des jeunes chanteurs lyriques. Ce jeune ténor a été sacré Révélation lyrique aux Victoires de la Musique en 2015. Ayant commencé le chant tout jeune lorsqu’il était élève à la Maîtrise de Caen, Cyrille Dubois a depuis chanté sur les grandes scènes lyriques et ne cesse d’enchanter le public et la critique à chacune de ses représentations.

J’ai découvert Cyrille lors d’une représentation de « La Belle Hélène » d’Offenbach à l’opéra de Toulon, l’année dernière. Je ne le connaissais pas alors, et lorsqu’il est monté sur scène et a commencé à chanter, mes oreilles ne m’ont pas trompée…j’ai tout de suite eu envie d’en savoir plus sur lui ! Quelle chance, un an après, de pouvoir l’interviewer !

Un petit aperçu ? Voici un extrait de « La Belle Hélène », l’air de Pâris : « Au Mont Ida ». C’est sur cet air que j’ai craqué pour la voix de Cyrille !

Cette interview est un peu différente de ce que Cyrille a l’habitude de faire lorsqu’il parle de son travail auprès des journalistes musicaux et, si elle aborde l’aspect musical, elle penche également vers les sujets qui intéressent ce blog : l’équilibre personnel et les réflexions que l’on peut avoir sur son travail dans une perspective d’échange et de développement.

Je suis extrêmement reconnaissante et honorée que Cyrille ait accepté cette interview de la part d’une illustre inconnue (non spécialisée en musicologie de surcroit) et ait répondu avec autant de grâce et de gentillesse à mes questions. Merci !!!

Vous retrouverez également en fin d’interview toutes les dates de représentations de Cyrille Dubois ainsi que les liens internet où vous pourrez le suivre si vous le désirez.

J’espère que cette interview vous apportera autant qu’elle m’a apportée ! Bonne lecture !

Question 1: De nos jours, l’opéra peut faire peur… et les gens ne savent parfois pas très bien par quoi commencer ou comment l’aborder. Tu es connu pour avoir un large répertoire et pour aimer chanter des choses très différentes. Toi qui a donc une large culture musicale, pourrais-tu conseiller ceux qui souhaitent s’intéresser de plus près à l’opéra?

Cyrille Dubois: De nos jours, la musique classique est souvent taxée d’élitiste. La faute surement à notre enseignement des arts en général et ce, dès le plus jeune âge. L’excellence culturelle étant relayée au second plan au profit d’une « culture » facile et clientéliste et l’on oublie souvent que derrière la culture, il y a la maîtrise d’un art dont le développement et les codes ont traversé l’histoire. La plus grosse faute revient donc à la part de l’éducation pour orienter les futurs auditeurs vers notre art. Ringard, guindé, ‘on ne comprend rien’, font partie des qualificatifs de la musique classique en général et de l’opéra en particulier. Parfois aussi le prix des places, mais là je dis que c’est une mauvaise excuse car dans de nombreuses salles en France on peut aller à l’Opéra pour moins cher qu’un concert du dernier chanteur de variété à la mode ou d’un match d’un club de foot. Pourtant il faut savoir que de nombreuses réflexions existent de la part des directeurs d’opéras et des metteurs en scène pour proposer une vision actuelle des opéras.

Le problème de la musique classique vient du fait que nous travaillons avec un matériel qui n’a pas changé depuis que le compositeur l’a écrite. Il faut néanmoins voir que les problématiques des livrets d’opéras peuvent souvent être prises sous un angle actuel. L’intemporalité des sujets traités par l’Opéra comme l’amour, la vengeance, l’amitié, la haine, les hiérarchies sociales, la place de la femme, sont des sentiments ou des questions qui peuvent être posées autrement aujourd’hui pour peu que le metteur en scène propose une vision différente de la version « historique ». Et c’est souvent le cas. Nous, artistes, faisons énormément pour casser les codes surannés du chanteur « poteau » au milieu de la scène pour se rapprocher de la théâtralité ou un mode de jeu plus vériste auquel le spectateur peut s’identifier.

Maintenant, il faut savoir que la grande force d’une production lyrique, c’est le spectacle vivant. C’est un des derniers genres pour lequel se déplacera le spectateur et avoir ainsi un spectacle en direct. Souvent les artistes modernes font du play-back ! Dans l’opéra, tout est vrai, tout est en direct, les instrumentistes jouent en vrai (pas d’enregistrement/ pas de transformation du son), les voix ne sont pas amplifiées… Le spectacle d’un jour ne sera pas celui du lendemain. Avec la part de risque que cela comporte pour les interprètes (qui ne sont pas des machines, et peuvent avoir des jours sans), mais surtout ses énormes avantages : à savoir une émotion en direct. Tous les amateurs d’opéras auront un jour fait l’expérience des « frissons » qu’on peut avoir à entendre un morceau délivré en direct à quelques mètres de l’artiste….

Pour les novices, il ne faut pas faire n’importe quoi. Commencer par un opéra de 4 heures avec une mise en scène contemporaine dans une langue étrangère en étant au 3è balcon n’est pas la meilleure façon de vouloir y revenir. C’est pourquoi je conseille les opéras « courts ». Il existe des opéras en 1 acte dont la durée n’excède pas 2h. Aller voir le spectacle d’un metteur en scène reconnu dans le métier (Carsen, Pelly…) est souvent le gage d’assister à un spectacle de qualité. Le fait de choisir une œuvre dans sa langue maternelle peut aussi aider à mieux « suivre » l’histoire sans avoir à se référer aux sous-titres et ainsi profiter au maximum du jeu des chanteurs. Je tiens à préciser aussi que de plus en plus nous faisons attention à projeter le texte. Mais du fait qu’il n’y ait pas d’amplification, il est parfois difficile de se faire comprendre…. C’est pourquoi, je conseille également au public en général de lire l’argument de l’opéra (ou mieux, le livret) afin de ne pas être « branché » aux sous-titres… Aller voir des œuvres très connues est aussi un bon moyen d’entrer dans le monde de l’opéra car souvent, il y a de nombreux airs très reconnaissables, je pense à Carmen ou la flute enchantée ou encore le barbier de Séville… Mais comme toute forme de culture, la musique classique et l’opéra se laissent apprivoiser au fur et à mesure. L’oreille et l’exigence s’aiguisent….

Question 2: Tu tiens à rester en contact avec le public et tu donnes des cours de chorale dans ta ville lorsque tu as du temps. En quoi cet échange est important pour toi?

Cyrille Dubois: Pour moi, la musique est avant tout un partage, un échange. On fait très rarement de la musique seul ou pour soi-même. Même si à l’heure de la technologie, l’acte d’écouter de la musique est devenu quelque chose de très individualiste (casque branché sur les oreilles), la meilleure expérience de la musique en général se fait de mon point de vue en « live » dans une salle de concert. Toujours par cette proximité avec un interprète. Et la communion d’attention que cela nécessite. Il est fascinant pour moi de voir à quel point un public peut focaliser son écoute pour parvenir à un silence absolu lors des concerts.

Pour l’artiste maintenant : c’est pareil. Seul je ne pourrais proposer que peu de choses. Même si la voix est un instrument à part et peut, à elle seule, véhiculer d’énormes émotions, elle est souvent associée à d’autres en musique classique. C’est en cela qu’il y a un partage entre musiciens pour parvenir à s’accorder au sein d’une interprétation. C’est ce que j’aime dans la musique de chambre : le fait de faire le chemin l’un vers l’autre pour arriver à une interprétation propre et originale que l’on puisse délivrer au public.

Quant à la relation qui m’unit au public, c’est la quintessence du métier d’artiste : la représentation. Avec toute la pression et le travail que cela suppose, c’est le résultat ultime. J’ai toujours l’appréhension lorsque je fais un spectacle pour la première fois de savoir si cela va plaire au public. Car lorsque l’on se donne à un spectacle, on espère toujours réussir à faire passer l’émotion. Je ne conçois pas le métier de chanteur sans cet échange avec le public. Ce n’est pas nous qui faisons honneur à un public de venir chanter à cet endroit. C’est un honneur pour nous que de voir qu’un public se déplace et attend de prendre du bon temps, oublier ses soucis pendant le temps d’une représentation. Pour moi, cette attention vaut tout. C’est pour cela que je prends toujours le temps de venir échanger avec le public après les concerts et répondre aux questions les plus banales soient-elles car cela prolonge l’expérience. Combien de métiers peuvent se targuer de faire oublier complètement les soucis du quotidien ? J’ai souvent vu du reste que ce qu’on pouvait donner au public, il nous le rendait au centuple. Attention et bienveillance sont des mots essentiels pour moi dans ma carrière d’artiste. Et je veux casser l’image de l’artiste dans sa tour d’ivoire : je suis comme tout le monde, avec les mêmes préoccupations que tout le monde. Ce qui me différencie de la plupart des gens c’est que le métier que je fais permet de transporter le public. Il est pour moi normal d’échanger avec les gens qui veulent en savoir plus.

Cependant je ne sens pas encore l’envie de transmettre autrement que par le concert. Je sens que je dois encore me développer et profiter d’un maximum d’expériences avant de peut-être un jour donner des cours. Peut-être cela viendra-t-il avec le temps. Pour l’heure je me contente de revenir aussi souvent que je peux donner quelques cours de chorale à des amateurs car c’est de ce monde que je viens. S’il n’y avait pas eu ce tissu associatif local de musique communale, jamais peut-être mon chemin n’aurait croisé celui de la musique pour aller vers la professionnalisation. C’est donc une sorte de retour sur expérience. J’aime beaucoup le fait de guider et tirer vers le haut des ensembles amateurs, avec un mélange de bonne humeur et d’exigence pour les emmener au-delà de ce qu’ils pensaient pouvoir faire. Cela me permet de rester au contact des choses simples de la musique et ne pas se laisser griser par le fait d’être en haut de l’affiche. Ce grand écart fait relativiser et c’est salvateur pour mon équilibre personnel.

Question 3: Selon toi, quels sont les nouveaux talents, les jeunes espoirs de l’opéra?

Cyrille Dubois: Je suis encore un jeune artiste. Je fais partie de ce que les médias appellent la « génération montante ». Il est encore un peu tôt pour moi de parler des gens qui viennent derrière moi. Bien sûr j’ai des oreilles qui trainent dans les structures que j’ai fréquentées (Conservatoire de Paris et Académie de l’Opéra de Paris) et je suis au fait de certains futurs collègues. Mais ce métier est long et difficile. Je ne suis moi-même pas complètement certain d’avoir acquis une place durable dans le paysage musical… J’attendrai donc quelques années avant de dire : voilà quels sont les chanteurs de demain…

Question 4: Quelles sont les types de voix qui te touchent et t’inspirent ?

Cyrille Dubois: La voix en général est un instrument très personnel, du fait qu’elle est propre à un individu. Le chant regroupe plusieurs composantes : le texte, la mélodie puis l’interprétation. Chacune de ces facettes peut être excellente et peut toucher. Ainsi on peut se laisser prendre par la beauté d’un texte sans que la musique soit belle ou même que l’interprétation soit belle. De même, il se peut qu’une mélodie soit prometteuse et que le texte soit bidon et l’interprétation fade. Par opposition, il y a de belles voix, de beaux artistes avec de vraies personnalités qui vont transcender un texte et une musique fade… Ainsi plusieurs choses peuvent me toucher dans une voix. Ce que j’aime, c’est la sincérité qui transparait : que l’artiste se donne sans compter, sans forcément chercher le beau. Ensuite je suis particulièrement sensible à une interprétation fouillée et réfléchie d’une œuvre. Pour moi, les grands musiciens sont capables de proposer une interprétation reconnaissable entre mille d’une œuvre ultra connue. J’aime donc un peu tous les types de voix pour peu qu’elles laissent transparaitre cette fragilité et cette musicalité qui me touche. Je le disais, nous ne sommes pas des machines et il y a des jours avec et des jours sans. Savoir composer avec cela est difficile. On doit s’adapter sans cesse à la fatigue, au temps etc.…

Question 5: Qu’est ce que tu ressens lorsque tu chantes?

Cyrille Dubois: Un peu tout ce que je viens de dire. J’aime profondément mon métier. C’est l’un des plus beaux du monde. Je cite souvent cette citation de Confucius : « Choisis ton métier et tu ne travailleras pas un jour de l’année ». C’est un peu ma philosophie et j’ai conscience de la chance que j’ai de pouvoir m’accomplir à travers une passion. Ce que j’aime dans la musique, c’est l’infini du répertoire. J’ai la chance d’avoir un instrument assez polyvalent. Et ma formation maîtrisienne m’a fait apercevoir tous les pans de la musique : du baroque au contemporain, en passant par le jazz, le grand répertoire et bien sûr le Lied et la Mélodie qui est mon « violon d’Ingres ». On s’oublie un peu lorsque l’on chante. Il faut être plein et entier. La musique est aussi le déversoir de mon âme. Je ne m’exprime jamais mieux que lorsque je chante : c’est le reflet de ma personnalité. L’exigence intellectuelle que j’y puise est aussi très enrichissante. Je cherche toujours à m’améliorer. Comme rien n’est jamais certain il faut toujours se remettre en question pour savoir dans quelle direction aller.

Question 6: Quel genre de musique aimes-tu écouter?

Cyrille Dubois: La musique de film. C’est une musique extrêmement imagée. Et très grand public. C’est ce que j’écoute pour me détendre. Après je n’écoute pas que de la musique classique. J’aime aussi la variété, pour peu que ce ne soit pas le dernier produit d’un télé-crochet : j’aime les artistes qui réfléchissent sur le texte de leurs chansons avec des vraies mélodies et une vraie personnalité, comme pour les interprètes de musique classique. Les grosses voix aseptisées et souvent décérébrées ne m’intéressent pas. Pour citer quelques exemples : j’aime John Williams ou Michael Jackson.

Question 7: Lorsque tu ne travailles pas, à quoi ressemblent tes journées? Comment te ressources-tu?

Cyrille Dubois: Lorsque je ne suis pas en production, je suis dans ma campagne normande. J’ai une maison perdue au milieu du bocage avec un peu de terrain. Aussi, je vis au rythme de la nature. Je m’occupe de ma famille et de mon jardin. Il faut apprendre à se ressourcer et à retrouver le calme. Les périodes de production sont souvent très intenses. Retourner se ressourcer est essentiel pour moi. Se recentrer et retomber un peu aussi dans la routine est salvateur. J’ai besoin de ces plages de repos. Ne serait-ce aussi que pour recréer un sentiment de satiété vis-à-vis de la musique et du chant. A la fin d’une production je suis souvent « rincé » et j’ai besoin de m’arrêter. Le fait de se poser permet de recréer l’envie et le manque qui font que l’on donne le maximum.

Question 8: Comment prends-tu soin de toi et de ta voix?

Cyrille Dubois: La voix est un instrument très personnel. Le son que produit un chanteur lyrique est non transformé. Le geste vocal met en action plus de deux cent muscles. Il faut donc prendre soin de son corps car c’est notre instrument. Celui-ci évolue avec le temps et il nous faut comprendre et être très à l’écoute car les indications du corps peuvent être le reflet d’une fatigue ou d’un mauvais emploi de la voix. Lors des productions, je m’astreins à un minimum d’entretien physique car certains spectacles sont très longs et nécessitent une bonne endurance. Je me rends compte aussi que parfois certaines scènes sont très physiques et que le travail cardiaque peut être utile pour proposer au spectateur un chanteur très mobile sur scène mais pouvoir quand même assurer le contrôle du souffle. Des bons étirements sont aussi très bénéfiques car c’est ainsi que l’on peut trouver la détente nécessaire pour une bonne inspiration qui est la base du chant (60 à 70% du travail vocal se fait sur l’inspiration)… Aussi avant un concert, je prends un bon plat de pâtes au milieu de l’après-midi pour ne pas avoir à remanger avant et tenir jusqu’au bout. Un vrai régime de sportif. Le spectacle est un moment exigeant tant au niveau physique que psychologique. Il faut une grande préparation. Maintenant, n’allons pas croire que les chanteurs sont des « papes ». En dehors de la journée de concert (ou veille de concert) rien ne nous interdit de décompresser. J’aime les bonnes choses et je ne m’interdis jamais un bon verre de vin. Le tout est dans le contrôle et éviter les excès… En dehors des périodes de production… tout est permis….

Question 9: Quelle est la base de ton inspiration? Y a-t-il des chanteurs lyriques qui t’inspirent?

Cyrille Dubois: La base de mon inspiration n’est pas tant dans les personnes que dans les expériences de la vie. La musique est le reflet voire l’extrapolation des sentiments. Je me nourris de tout ce qui m’entoure pour rechercher les émotions que je cherche à véhiculer. Il faut s’appuyer sur du vécu et des ressentis puissants pour transmettre des émotions. Sans quoi, cela reste fade. Aussi, le partage, la contemplation de la Nature, la spiritualité. J’aime trouver mon inspiration dans les petites choses de la vie. C’est pourquoi, le fait de retourner me ressourcer à la campagne entre deux productions est si important. La musique permet cette ouverture sur le monde, la rencontre entre les personnes dont on peut sans cesse se nourrir et ainsi étoffer sa palette. Je n’ai pas le culte de la personnalité car même si j’admire certains grands interprètes, le fait de porter aux gémonies ou ériger en exemple une personne va à l’encontre de la pluralité des interprétations. Le public est souvent en attente d’une interprétation comme untel et oublie de rechercher ce que l’interprète, parfois moins bien armé qu’un chanteur célèbre, peut proposer… J’aime mieux dire que j’aime écouter beaucoup de très bons chanteurs mais je prends ce que j’aime et rejette ce que je n’aime pas pour façonner ma propre interprétation. Je vais néanmoins citer quelques noms : Pavarotti, (le soleil de sa voix), Jonas Kaufmann (des interprétations infaillibles), Juan Diego Flores (l’agilité et les aigus), Placido Domingo (la longévité), Ian Bostridge (l’intellectualité de ses interprétation et sa musicalité), Fritz Wunderlich et Jussie Bjorling (la ligne de chant), Rolando Villazon (l’ultra-générosité), Roberto Alagna (la référence du ténor Français), pour sortir des ténors, Natalie Dessay (le théâtre dans l’Opéra), François Le Roux (son érudition dans le répertoire de la mélodie Française)…. Je pourrais ainsi continuer… J’aime à identifier les points forts de tel ou tel interprète et ainsi construire mon identité artistique. Je sais que je n’ai pas une grosse voix et donc j’essaie de m’armer avec tout l’à-côté pour mener ma barque…

Question 10: Qu’est-ce que le bonheur pour toi?

Cyrille Dubois: Je n’ai jamais été très bon en philo. Pour moi le bonheur c’est pouvoir trouver un équilibre dans sa vie professionnelle et personnelle. L’un ne va pas sans l’autre. Il faut pouvoir trouver sa place dans une société et le travail est le meilleur moyen pour y arriver. Ceux qui ont la chance, comme moi de pouvoir allier leurs passions et leur métier sont chanceux mais cela ne suffit pas. Le chemin de la vie et long et semé d’embuches. Il me semble que pouvoir s’appuyer sur des proches qui comprennent les exigences d’un métier peu commun est également une chance. Le bonheur est donc pour moi une accumulation de chances. Chances que l’on peut provoquer.

Question 11: Quelle est la place de ton intuition dans les décisions que tu prends?

Cyrille Dubois: Contrairement à ma personnalité d’artiste où l’on pourrait croire que l’intuition guide mes choix, c’est bien le rationnel qui guide mes décisions. J’ai toujours eu de la chance dans ma formation, les choix que j’ai eu à faire se sont toujours un peu imposés à moi : j’ai toujours eu le sentiment de ne pas avoir eu à sacrifier des choses pour mener mon parcours. Grâce aux rencontres et aux personnes qui m’ont toujours guidé avec bienveillance. Chacun des chemins que j’ai eu à arpenter sont apparus comme une évidence. Lorsque j’ai intégré la Maitrise à 7 ans, c’était tellement une chance et une opportunité de pouvoir rentrer dans ce cursus que mes parents ont fait ce choix sans peine. Aussi lorsque j’ai quitté la Maitrise au terme de la formation pour réintégrer un cursus normal (sans musique) c’est aussi apparu comme une décision saine : j’avais fait tellement de musique pendant ces années que je ressentais le besoin d’expérimenter une vie « normale ». Cela m’a d’ailleurs permis de réaliser à quel point ce cursus était exceptionnel. Assez bon élève, et intéressé par les sciences du vivant j’ai suivi une voie conventionnelle de classe prépa bio ce qui m’a amené dans une école d’ingénieur. Ces années ont été très bénéfiques car elles m’ont donné le recul nécessaire sur le monde de la musique (que peu de gens ont dans ce métier très auto-centré), et cela m’a aussi montré à quel point la musique était ma destinée. Ça me manquait viscéralement. Et je me suis rendu compte combien la musique me permettrait de m’exprimer au-delà de tout ce que j’aurais pu faire d’autre. Mais à aucun moment je ne regrette d’avoir mis de côté quelques années la musique. C’est donc un choix du cœur comme de la raison…. Un autre pan de la question porte aussi sur la place des choix artistiques. Là, c’est vrai que je me laisse essentiellement porter par mes intuitions musicales, que je guide toujours par des explications stylistiques documentées. Mais au final, il faut laisser le « lâcher-prise » guider

Question 12: Quel est le conseil que donnerait le Cyrille Dubois âgé au jeune homme que tu es aujourd’hui?

Cyrille Dubois: Ne rien regretter. Et ne pas être trop impatient…. C’est, je crois, mon plus gros défaut. Certaines choses ne vont pas assez vite à mon goût. Le rythme de travail dans les productions… Je m’ennuie très vite et j’ai besoin de faire beaucoup de choses, de découvrir énormément pour combler la boulimie de musique qui m’anime. Mais plus je vieillis, plus je prends sur moi et je prends du plaisir à laisser les choses se dérouler à leur rythme sans chercher à forcer l’allure.

Question 13: As-tu une « leçon de vie » à transmettre aux lecteurs et lectrices de ce blog?

Cyrille Dubois: Je ne sais pas si j’ai la sagesse pour donner des leçons de vie. Le partage, le respect, et l’exigence vis-à-vis de soi sont des piliers de ma personnalité. La passion également mais qui toujours doit aller de pair avec la raison. Ne pas se résigner à la médiocrité et toujours chercher à donner plus que ce que l’on se croit capable de faire…

Mirco-Maggliocca-Cyrille-Dubois

Dates de représentations :
  • Retrouvez toutes les dates de concert de Cyrille Dubois en cliquant sur ce lien
Liens internet (cliquez sur chaque lien si vous souhaitez être redirigé):
  • Site internet: Cyrille Dubois.fr
  • Chaîne Youtube: Lien ICI
  • Facebook: Cyrilleduboisofficiel
  • Interviews: vous pouvez retrouver les émissions et interviews de Cyrille en allant sur sont site internet ou en cliquant directement ICI

Et pour se quitter en musique, un dernier extrait musical, qui est aussi un petit clin d’œil personnel à mon papa… en effet, cet air était l’air préféré de ma grand-mère, elle le chantait tout le temps. Autant vous dire que lorsque je l’entends interprété par Cyrille, j’ai facilement la larme à l’œil… Une chose de plus qui me remplit le cœur et l’âme ! Merci à toi…

 

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2 commentaires sur « Interview: Cyrille Dubois »

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